Donner de l’argent à un proche, pour l’aider dans un projet ou simplement lui faire plaisir, est un geste courant - mais pas toujours anodin sur le plan fiscal. Quels dons doivent être déclarés ? Existe-t-il un montant à ne pas dépasser ? Et comment optimiser ses dons sans alourdir la note ? On fait le point sur ce que vous pouvez donner sans déclarer, en 2026.

Temps de lecture : 6 minutes


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• Aucun montant unique n'est fixé par la loi : l'obligation de déclarer dépend de la nature du don
• Le présent d'usage échappe à toute déclaration s'il reste proportionné aux revenus et au patrimoine du donateur
• Tout don manuel doit en revanche être déclaré, même lorsqu'aucun droit n'est dû
• Un parent peut transmettre jusqu'à 131 865 € par enfant sans droits, soit 263 730 € pour un couple
• Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration se fait en ligne depuis l'espace particulier du donataire
Il n'existe pas de montant unique fixé par la loi, mais un repère simple : un parent peut donner jusqu'à 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans sans aucun droit à payer, auxquels s'ajoutent 31 865 € au titre du don familial de sommes d'argent si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur. Soit 131 865 € par parent et par enfant, et le double pour un couple.
Le montant réellement exonéré dépend de deux choses : la nature du don (présent d'usage, don manuel ou donation notariée) et le lien de parenté avec le bénéficiaire. Les versements réguliers suivent une logique à part : puis-je donner de l'argent à mon fils tous les mois ?mon fils tous les mois ? La réponse dépend du montant et de la régularité, un point que nous détaillons plus bas. Voici d'abord les règles précises, les abattements applicables et les cas où la déclaration reste obligatoire même sans impôt à payer.
Avant de parler de montants, il faut distinguer trois formes de don qui n'obéissent pas aux mêmes règles fiscales. C'est cette nature du don, plus que la somme en jeu, qui détermine si vous avez ou non une déclaration à faire.
Le présent d'usage correspond à un cadeau remis à l'occasion d'un événement particulier, comme un anniversaire, un mariage, une naissance ou les fêtes de fin d'année. Ce type de don est totalement exonéré de déclaration et de droits de donation, à condition que le montant reste proportionnel au patrimoine et aux revenus du donateur. Un cadeau jugé disproportionné pourrait être requalifié en donation taxable, et donc soumis à déclaration. Il n'existe pas de plafond chiffré : c'est l'équilibre entre la valeur du cadeau et la situation financière de celui qui l'offre qui fait foi.

Le don manuel permet de transférer de l'argent ou d'autres biens mobiliers (bijoux, œuvres d'art, actions, véhicule) directement, sans notaire. Un virement, un chèque ou une remise d'espèces suffit. Attention à une idée reçue tenace : il ne s'agit pas de savoir à partir de quel montant un don doit être déclaré, car tout don manuel doit être déclaré à l'administration fiscale dans le mois qui suit sa révélation, même lorsqu'aucun droit n'est dû grâce aux abattements. La déclaration incombe au donataire, c'est-à-dire à la personne qui reçoit.
Depuis le 1er janvier 2026, cette déclaration se fait obligatoirement en ligne, depuis l'espace particulier du donataire sur impots.gouv.fr, rubrique « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux ». Le formulaire papier Cerfa n°2735 n'est plus la voie normale et reste réservé à des cas limités, comme l'absence d'accès à internet ou un donataire mineur. Le seuil de 15 000 € que l'on croise souvent ne concerne pas l'obligation de déclarer : il ouvre seulement une option permettant, pour un don supérieur à ce montant, de différer le paiement des droits au décès du donateur.
La donation entre vifs est un acte notarié par lequel une personne transfère de son vivant, de manière irrévocable, un bien ou une somme d'argent à une autre qui l'accepte. Elle est obligatoire pour certains biens comme les immeubles, et pour les donations-partages. Plus lourde et plus coûteuse que le don manuel, elle offre en contrepartie une date certaine, une preuve incontestable et le conseil du notaire, qui se charge lui-même de l'enregistrement auprès du fisc.
Les dons de sommes d'argent bénéficient d'un abattement dont le montant dépend du lien familial entre le donateur et le bénéficiaire.
| Lien entre le donateur et le bénéficiaire | Montant de l'abattement | Périodicité |
|---|---|---|
Parent vers chaque enfant | 100 000 € | Tous les 15 ans |
Époux ou partenaire de Pacs | 80 724 € | Tous les 15 ans |
Grand-parent vers chaque petit-enfant | 31 865 € | Tous les 15 ans |
Arrière-grand-parent vers arrière-petit-enfant | 5 310 € | Tous les 15 ans |
Vers un tiers ou un ami | 1 594 € | Tous les 15 ans |
Ces abattements se renouvellent tous les 15 ans et s'appliquent pour chaque couple donateur-bénéficiaire. Un enfant peut donc cumuler l'abattement de son père et celui de sa mère, et un petit-enfant bénéficier d'un abattement distinct de chacun de ses grands-parents. Les règles propres aux transmissions descendantes sont détaillées dans nos guides sur la donation aux petits-enfants et la donation après 80 ans, le seuil des 80 ans ayant un impact réel sur certains dispositifs d'exonération.
À l'abattement lié au lien de parenté peut s'ajouter un dispositif spécifique : le don familial de sommes d'argent, prévu par l'article 790 G du Code général des impôts. Il permet une exonération supplémentaire de 31 865 € tous les 15 ans, et se cumule avec l'abattement de droit commun, à trois conditions :
Un même don peut ainsi profiter des deux leviers à la fois. Prenons un exemple concret : un père de 65 ans donne 80 000 € à son fils majeur. Les premiers 31 865 € sont exonérés au titre du don familial de sommes d'argent. Le solde de 48 135 € s'impute sur l'abattement parent-enfant de 100 000 €, encore intact. Résultat : aucun droit n'est dû sur la totalité des 80 000 €, et il reste même une marge de 51 865 € sur l'abattement de 100 000 € pour un don ultérieur dans les 15 ans.
En additionnant les deux dispositifs, un parent peut transmettre 131 865 € par enfant sans droits, soit 263 730 € pour un couple. La déclaration reste néanmoins obligatoire, même lorsque le don est entièrement exonéré.
Les abattements se renouvellent tous les 15 ans et s'appliquent pour chaque couple donateur-bénéficiaire :
• 100 000 € par parent et par enfant
• 80 724 € entre époux ou partenaires de Pacs
• 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant
• 1 594 € vers un tiers ou un ami
• 31 865 € supplémentaires au titre du don familial de sommes d'argent, si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur
Oui, mais les marges sont bien plus étroites qu'au sein de la famille. Pour un don à un tiers sans lien de parenté, l'abattement n'est que de 1 594 €. Au-delà, non seulement le don doit être déclaré, mais il devient taxable, et le barème applicable entre personnes non parentes est élevé.
En dehors d'un événement particulier qui justifierait un présent d'usage, tout cadeau régulier ou significatif à un ami doit donc être signalé au fisc. C'est un point souvent négligé, alors que la fiscalité y est nettement moins favorable qu'entre parents et enfants.
C'est possible, mais la régularité change la lecture fiscale. Des versements mensuels peuvent être considérés de deux façons. S'ils restent modestes au regard de vos revenus et s'apparentent à une aide courante, comme un soutien aux études ou aux dépenses du quotidien, ils relèvent du présent d'usage ou de l'obligation alimentaire et n'ont pas à être déclarés.
Si les montants sont conséquents, en revanche, leur cumul sur l'année peut être requalifié en don manuel taxable, même si chaque versement pris isolément paraît modeste. L'administration raisonne sur la somme totale transmise, pas sur le montant de chaque virement. Pour aider un enfant de façon régulière et importante, mieux vaut donc structurer l'opération dans le cadre des abattements plutôt que de multiplier les versements informels. Nous détaillons les stratégies adaptées après 70 ans dans notre guide sur la donation de son vivant après 70 ans.
Trois situations appellent une vigilance particulière :
• Un cadeau disproportionné au regard du patrimoine du donateur peut être requalifié en donation taxable
• Des versements mensuels importants sont appréciés sur leur cumul annuel, pas virement par virement
• Un don à un ami n'est exonéré qu'à hauteur de 1 594 €, au-delà il devient déclarable et taxable
• Le seuil de 15 000 € ne dispense pas de déclarer : il ouvre seulement l'option d'un paiement des droits différé au décès du donateur
• La déclaration incombe au donataire, dans le mois qui suit la révélation du don
Vous souhaitez aider financièrement un proche, mais vous ne disposez pas de liquidités suffisantes pour faire un don important ? Si vous êtes propriétaire d’un bien immobilier et âgé de plus de 60 ans, le prêt viager hypothécaire peut être une alternative intéressante.Ce dispositif encadré par la loi vous permet d’emprunter une somme d’argent en mettant votre bien en garantie, sans avoir à le vendre ni à quitter votre logement. Vous restez pleinement propriétaire, et aucun remboursement n’est exigé de votre vivant. Le prêt sera remboursé au moment de la revente du bien, généralement après votre décès.
Ce type de prêt peut notamment vous permettre de transmettre de votre vivant, par exemple, en aidant un enfant à acheter un bien immobilier tout en préservant votre qualité de vie
Autre avantage : vos héritiers ne devront jamais rembourser plus que la valeur du bien au moment de la vente. Si le montant du prêt dépasse cette valeur, la différence est prise en charge par la banque.Une solution à envisager si vous souhaitez donner sans déséquilibrer votre patrimoine ou puiser dans votre épargne.En conclusion, quelle somme d'argent peut-on donc donner sans déclarer ? Il n’y a pas de montant fixe établi par la loi. L’obligation de déclaration dépend en effet du type de don réalisé. Pour bien planifier vos donations et optimiser la transmission de votre patrimoine, il est important de prendre en compte les différents abattements applicables, y compris l’abattement fiscal des retraités, qui peut vous permettre de réduire vos impôts tout en protégeant vos proches.
Non. Les présents d'usage (cadeaux d'anniversaire, de mariage, de naissance) échappent à l'obligation de déclaration, à condition d'être proportionnés au patrimoine et aux revenus du donateur. En revanche, tout don manuel dépassant 15 000 € doit être déclaré via le formulaire Cerfa n°2735, même si aucun droit n'est finalement dû grâce aux abattements applicables.
Des versements mensuels réguliers peuvent, selon leur montant cumulé, être requalifiés en don manuel par l'administration fiscale. La régularité et le caractère significatif des sommes sont les deux critères d'analyse retenus. Des versements modestes et proportionnés aux revenus du donateur restent généralement hors du champ déclaratif.
L'abattement légal est de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. En deçà de ce seuil, aucun droit de donation n'est exigible. Un don familial de sommes d'argent permet en outre d'ajouter 31 865 € exonérés supplémentaires, sous condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le bénéficiaire soit majeur.
Oui. Pour un propriétaire de plus de 60 ans, le prêt viager hypothécaire (PVH) permet de débloquer un capital en mettant son bien en garantie, sans le vendre ni le quitter. Les fonds ainsi obtenus peuvent être transmis à un proche de son vivant. Aucun remboursement n'est exigé avant le décès, et les héritiers ne peuvent jamais être tenus de rembourser une somme supérieure à la valeur du bien au moment de la vente.
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